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Abdallah Ko

BRONZAGE INTEGRAL

roman
S.A.C.D. : 112152


Ce texte est extrait de la deuxième partie de Bronzage Intégral, un roman inédit de Abdallah Ko.
  

Deuxième Partie :

LE NOUVEL AN AU BAR DE LA FIN DU MONDE

Voudrais-je être une comète ? Je le crois.
    
  
HÖLDERLIN

(...)


35.



    Il fait noir. J'étouffe. Les gens disent que c'est la fin du monde, mais c'est pas vrai. Il fait juste trop chaud, donc on se plaint. Par exemple, je me sens ligoté dans la ville. Il fait noir. J'étouffe. Les visages sont morts, tout est fermé, mais il y a toujours une solution. Je respire.

    Inconscient décalcomaniaque baclé, le Folklore domine à perte de vue l'entièreté du paysage visuel. Et l'année se termine, pour se recommencer. Ici, au cœur de la ville, publicitaires, graphistes, journalistes, des armées de clowns copistes tapissent la ville, et se reproduisent entre eux..

    Couleurs. Feux d'artifices. Hystérie. Une grimace du monde, plutôt qu'une autre grimace du monde.

    Le nouvel an, je le passe au bar de La Fin du Monde. Je croise des cochons diamantés, des chiens noirs, des insectes froncés, des merdes lourdes, des flaques de goudron, des rats déguisés, des ex-tueurs, des artistes bouddhistes, des capitalistes mystiques, des putes nihilistes, des philosphes américains, des scientologues drogués, des smacks, des schtroumpfs noirs, des pshouts roses, des pingouins armés en chemise noire, bleue, verte, grise, quelques ministres et beaucoup de femmes avec des hommes d'affaire. Au bar de La Fin du Monde, je me sens refroidir. Impossible de penser, impossible de sentir. Mon monde se ferme et s'énerve. Je suis très silencieux. Je parle peu. Je bois dans mon verre. Je fume des cigarettes. Je n'ai pas envie d'être là. Tout est vide et je n'aime personne. Je suis très énervé. Je joue avec des cotillons pendant toute la soirée. Je bois beaucoup de vin, puis du champagne, puis du whisky. En rentrant, vers onze heures du matin, j'emporte un maximum de masques différents. Une fois dans ma chambre, je choisis le plus sobre, je l'ajuste sur mon visage, et je m'endors longtemps.


*


36.


    Je sursaute. Je sors et je me sens mieux. Le ciel noir m'avale, je me replie, je prends ma voiture et je fonce.

    Un groupe de robots bleus barre la route. Ils veulent voir mes papiers, je ne suis pas d'humeur, je sors de la voiture et récite un beau verset qui n'est pas de moi : "POLICE, MACHINE MATRICE D'ECERVELES MANDATES PAR LA JUSTICE SUR LAQUELLE JE PISSE, YO !" Et je tire et tue quatre robots.

    LOBE DROIT, il accélère. - On va où ?
    LOBE GAUCHE, ravi. - Je ne sais pas. Va plus vite.
    LOBE DROIT, rapide. - On pourrait essayer de sortir.
    LOBE GAUCHE, il s'étire. - Sortir de la Ville?
    LOBE DROIT, fixé sur la route. - Oui, sortir.
    LOBE GAUCHE, souple. - Sortons.


*


37.


    Assis sur le sable, seul, devant les vagues et le ciel plein d'étoiles, je grignote un sorbet à la fraise avec des morceaux de fraise dedans. Je prie pour qu'une étoile filante passe, mais rien n'arrive. Je croque ma glace rouge dans la nuit, une étoile clignote et grossit. C'est un avion. Il s'approche de la terre à une vitesse sidérante, et s'arrête devant moi, juste au-dessus des vagues. C'est une soucoupe volante - je le jure - en forme de disque. Un OVNI classique comme dans les films, silencieux, lumineux. Il s'ouvre par en bas, absorbe un dauphin et repart.

    Il y a des journée comme ça qui s'annoncent vides, et qui se remplissent soudain bien.

    Alors comme ça, des créatures nous observent. Elles évitent intentionnellement tout contact avec la plupart des mortels, mais maintenant, pour moi, une chose est sûre : nous ne sommes pas seuls.

    De même que nous faisons beaucoup de mouvement sur la terre, nous devons faire beaucoup de bruit dans le ciel. La terre étroite manque d'oxygène. Avec mes nouveaux amis civilisés, brillamment motorisés, mon cerveau respire et cesse de sentir l'odeur du suicide. Maintenant, je sais.

    Au dernières nouvelles, des centaines de personnes rassemblées sur les berges d'un immense lac gelé observent un objet ovoïde lumineux se propulser brusquement d'un point à un autre. Il tire régulièrement vers le bas des rayons de lumière faisant subitement fondre la glace autour des points d'impact. Les gens prennent des photos et se posent des questions.

    De mon côté, je suis bien équipé : compteur Geiger, jumelles, caméra vidéo, loupe, et récipients pour conserver des échantillons.

    Je me mets sur la route à la recherche des créatures de l'espace. Je m'éloigne de la ville et m'enfonce entre les montagnes. Je traverse des vallées, des rivières. Je grimpe de plus en plus haut, jusqu'au sommet.

    Je me roule dans la neige éternelle. La nuit, je fais des feux pour attirer les créatures.


*


38.


    Après deux semaines, je laisse tomber. Tant pis pour l'autre galaxie. Je redescends vers la ville. Mais je ne retrouve plus la ville. Je me perds dans un désert.

    Je marche longtemps sous le soleil en vidant ma gourde. Il n'y a que du désert, du sable et encore du sable dans toutes les directions. Je marche vers l'ouest, courageusement. Je suis lucide, je vais probablement mourir. Je m'arrête, décide de m'asseoir. Comme le soleil commence à redescendre, je trouve une tache d'ombre au pieds d'une dune. J'avale mes dernières provisions. Il ne me reste qu'un point de vie sur cent. C'est très mauvais. Au moindre éclat je perds ma vie. Si je tiens jusqu'au prochain pôle d'énergie, on en reparlera.

    Il fait encore jour lorsque j'aperçois dans le lointain un robot japonais de taille moyenne. Il trotte doucement sur le sable. J'avance sans faire de bruit. Au fur et à mesure que je m'approche, je me rends compte que le robot japonais n'est peut-être pas un robot japonais, mais trois figures familières, empilées l'une sur l'autre.

    Clo, ma mère, porte ma grand-mère Mag sur ses épaules. Et Mag porte mon arrière-grand-mère Kat. Ca fait une colonne vivante en trois morceaux. Elles avancent entre les dunes, comme ça toutes les trois, sans complexes. Je ne crois pas qu'elles me voient.

    Kat, que j'avais d'abord pris pour la tête du robot, fait des tours d'horizon avec des jumelles de chasse, elle cherche quelque chose… Je crois bien qu'elle me fixe maintenant. Sa main droite, celle qui lui sert de visière anti-soleil, se tend vers moi comme une flèche. Mag en dessous l'imite. Ca fait deux flèches. Clo, alertée par les deux autres, leur crie de bien s'accrocher et court dans ma direction. Elle court étrangement vite vu le poids sur ses épaules. Je fais ce que je peux pour fuir. Elles me rattrapent. Au lasso, elles m'attaquent, me coincent les pieds, me plaquent au sol, m'immobilisent, le nez dans le sable. Je les vois qui sortent une seringue.

    Ceci est un vaccin quelconque,
    Mais indispensable.
    Accepte-le dans ton corps,
    Il te protégera en mémoire de nous.

    Je suis comme un veau. Je sais que je suis foutu. Je ne me défends pas. Je les laisse s'occuper de moi. Je suis terrifié à la vue d'une seringue. Est-ce que j'ai le choix ? Non, je n'ai pas le choix. Je les entends chanter pour me faire comprendre qu'une fois de plus, elles me donnent la vie. Je remonte mon pantalon. Je les remercie en m'éloignant. Je sens très bien la piqûre.

    Je marche lentement dans un nouveau décor que je ne connais pas. J'ai la fesse droite nouée, et je boîte, mais c'est bien, je suis vacciné. J'essaie de prendre quelques repères, tout a l'air si familier que je me perds encore dans des rues qui se ressemblent. J'abandonne l'idée de comprendre. J'ai été téléporté, voilà la vérité.

    Je me mets sur le dos, et je fais l'œuf dans mon nombril pour circuler.

    Je m'allonge derrière mes cils. Un muscle tremble. Je l'encourage. Je ronronne à l'intérieur de ma nuque, sous mes oreilles, j'entends une basse syncopée. C'est quand le cri part que les poumons s'ouvrent. JE M'ENFOUS. JE M'ENFOUS. JE M'ENFOUS. Il y a cent mille manières différentes et subtiles de le dire.

    Je décide de prendre du bon temps, de visiter la ville, de ne pas m'en faire, de rêver les choses comme elles arrivent.

    Je suis dans une rue animée. Je fixe un diskman Panatronic bleu et blanc, étanche, renforcé. Il m'intéresse particulièrement parce que c'est le seul modèle vraiment anti-choc. La tête de lecture a quarante secondes de mémoire. J'aurais beau le bouger aussi fort et aussi vite que je peux, il continuera à tourner sans une seule coupure. RIEN NE L'ARRÊTE. En plus, il est moins cher que le Tronic qui n'a que 20 secondes d'avance, que j'ai testé violemment, et qui n'a pas tenu. Je recule d'un pas de la vitrine d'où j'étais collé, et je les vois tous, les modèles, disposés les uns à côté des autres.

    C'est curieux, mais dans le reflet de la vitrine, j'aperçois la tête de Kat, puis un peu plus bas la tête de Mag, et en dessous la tête de Clo. Pour vérifier si c'est une hallucination ou pas, je me retourne et je les vois toutes les trois en couleur qui piquent vers moi. Je déteste ce genre de choses et je cours vite. Je me retourne un instant. Je remarque que j'ai pris un peu d'avance.

    Je cours longtemps, un quart d'heure peut-être, avant qu'elles ne m'attrapent, me ligotent, et m'emportent au loin dans leur gîte.

    Je gigote dans tous les sens, je les empêche, elles me forcent à enfiler une camisole. Donc, je me calme vite. Elles m'embrassent, me pincent les fesses plusieurs fois. A l'aide d'un petit entonnoir, j'avale un gros plateau de lentilles riches en fer (Fe), des aubergines farcies au riz et aux boulettes de viande et des gâteaux sucrés. Après je ne me souviens plus de tout.

    Quand je reprends conscience, je suis allongé sur un lit, je porte un bonnet en laine bleu ciel, et de grosses chaussettes assorties avec mon nom cousu dessus. J'ai dans les mains un papier. Je regarde. C'est un poème signé. Je lis le titre à haute voix: LA VIE EST BELLE. Je lis le reste à basse voix. Franchement, c'est pas mal.


*


39.


    Elles me gavent les chiennes. Elles me bourrent de luxe. Fixé dans la camisole. L'entonnoir dans la gorge. J'ai droit à trois louches de caviar, six carré de foie gras poilé, deux homards entiers, un magret de canard aux truffes, un plat de sushis, mes préférés, thon, thon gras, saumon, maquereau, carpaccio de bœuf, tartare de poisson, penne a l'arrabiata, gnocci au beurre, côtelettes d'agneau rosées, chèvre frais, brie, melon, pèches blanches, tartes aux pommes fines, sorbet mandarine et pomme verte, crème de marron, crème brûlée à la cannelle, deux bouteilles de Château Latour 1961, du thé chinois, un verre d'armagnac, trois longues cigarettes bien chargées de haschich indien, et un café serré.

    Tout ce que j'aime d'un coup.

    Le soleil se couche. Je le regarde assis dans une chaise longue, je porte toujours mon bonnet bleu ciel, et mes chaussettes assorties, avec en plus, une petite couverture sur les jambes. Je récupère. J'ai vomi toute la nuit et toute la journée, mais je suis vivant, donc je ne me plains pas.

    Il fait beau avec un vent agréable. J'ai l'impression d'être en Californie sur une colline. Est-ce Hollywood ? Mais j'ai beau regarder autour de moi, je ne vois pas la fameuse pencarte en lettres détachées. Il y a des couleurs sinon. Et le jardin de la maison est magnifique. Je n'ai jamais vu un gazon aussi bien entretenu.

    J'ai le droit de me promener à l'intérieur du jardin. J'ai le droit de faire autant de bruit que je veux. Je peux commander ce que je veux aux chauffeurs. Mais je n'ai pas le droit de franchir les grilles de la propriété, qui sont d'ailleurs éléctrifiées. J'en profite pour dormir beaucoup.

    Je rêve que je rêve que je suis un papillon, et je suis réveillé brusquement par un bruit épouvantable. C'est une baffe énorme qu'on me donne. Le bruit est pire que la douleur. J'ai la tête qui tourne. J'ouvre les yeux et je vois Kat, Mag et Clo éparpillées dans ma chambre. Kat est à la basse, Mag à la guitare, Clo à la batterie. Elles chantent avec beaucoup de maîtrise technique et de joie. Voici le refrain qui est de qualité:

    Mon petit prince
    Tu es le plus beau
    Des bébés

    Derrière elles, je vois une banderole géante: CLOMAGKAT, LE ROBOT JAPONAIS, LA REVELATION MUSICALE DE L'ANNEE. J'essaie de me lever. Je suis attaché au lit. Elles chantent pendant une heure environ.

    Il parait que c'est mon anniversaire. J'ai quinze ans déjà. On m'offre des posters de stars et une guitare pour sublimer ma libido. Je fais ce que je peux. Je joue un peu mieux tous les jours. Elles sont fières de moi.

    Comme je fréquente des voyous drogués ces derniers temps, mes cheveux poussent et j'ai l'air d'un hippy homosexuel. Mes mères exigent que je me fasse couper les cheveux. Je refuse, et comme elles connaissent bien le maire, il me bannit de la ville. Seulement le jour même, elles lèvent une petite troupe de gens du quartier et organisent une battue pour me retrouver.

    Elles me coincent à la frontière et me rasent la tête.

    Je suis obligé de laisser mes trois mamans me faire un tatouage rock-tribal sur le torse. Elles disent que tôt tard j'en voudrais un, et qu'il vaut mieux que ce soit fait dans de bonnes conditions, ici à la maison, et maintenant, plutôt qu'un autre jour n'importe où, n'importe comment.

    Mes mères me forcent à faire la lecture pendant qu'elles petit-déjeunent au lit. Je suis sommé de m'agenouiller à leur chevet et de lire à haute et distincte voix, deux ou trois articles de VOILA. Il arrive que je relise le même article deux ou trois fois de suite pour Kat qui entend mal, mais il est rare que je relise le même article plus de cinq fois.

    Au début, je ne m'en rendais pas compte, je n'avais pas idée de l'ampleur des choses. Aujourd'hui, je sais que toutes les mères lisent VOILA, et les futures mères aussi, ainsi leurs maris et leurs enfants. C'est le magazine le plus lu. Il existe dans toutes les langues. De la smicarde à la milliardaire, VOILA passe et traverses les classes sociales. Tout le monde lit VOILA. La musique est universelle. Même les clochards les récupèrent dans les poubelles.


*


40.


    J'explique à mes trois mamans que je ne crois pas possible de retourner dans leurs ventres. Je leur explique que c'est-fini-maintenant-je-suis-grand. Le passé c'est le passé. Mon destin m'appelle.

    Clo me pousse dans un coin et me crie pour la quatrième fois de la journée que je suis sorti de son cul. Que c'est de là que je viens. J'étais dans son ventre, un petit caca. Elle a eu très mal. Elle a failli mourir tellement ma tête était grosse ! Cette douleur, elle ne l'oublie pas. Elle s'est trouvée un axe vital, une raison autour de son corps, ce viol de l'intérieur, comment de tout mon petit corps je lui ai éclaté la chatte.

    Elles s'acharnent pour me convaincre. Que je revienne habiter avec elles, lavé, nourri, massé, blanchi, dorloté, elles s'occupent de tout. Si je suis sage, elles m'apportent des écolières de temps en temps, vièrges et sans maladies. Les négociations sont interminables. Elles renforcent les arguments. Elles décrivent le paradis. Elles promettent le bonheur. La résolution de tout dans la paix. Je dis non absolument. C'est très difficile, surtout quand je vois les photos de leur nouvelle villa, les palmiers, la piscine turquoise. Et le menu, la cuisine, le luxe. Je respire. Je reste poli, souriant. Je ne veux vexer personne. Je dis juste encore non merci c'est gentil, mais non.

    Vers six heures de l'après-midi, je fais semblant d'aller faire pipi pour m'enfuir et ça marche.

    La nuit, je reviens prendre des photos. Je fais des analyses complètes du giron d'où je suis sorti. Puis, je fais sauter le tout. Je rase la base. Pour ne plus voir que du feu.

    Ce n'est peut-être pas la fin du monde, mais c'est la fin de quelque chose. Je suis seul sur mon radeau, je regarde la caméra, dans mon dos on peut voir ma planète exploser et s'enfoncer dans le noir.

    Mission accomplie. J'ai réussi. Je suis vivant. La mer est très belle. Je lis Voilà les pieds dans l'eau. Il fait beau pour la première fois depuis longtemps. Il n'y a personne sur la plage, c'est encore l'hiver, l'eau est glacée. Je remarque que Björk est très déprimée et ça m'embête. Je tourne la page. Je reconnais Vanessa Paradis à poil sur un rivage tropical, la photo est très floue, même quand j'approche ma tête, impossible de bien voir les poils de sa chatte. Il y a trop de vent. J'ai froid. Je ferme mon Voilà.

    Je mets un peu d'héroïne dans une petite cuillère. Je rajoute de l'eau au compte goutte. Je cherche mon briquet pendant une heure et je le trouve. Je chauffe la cuillère. La poudre fond plus ou moins dans l'eau. J'attrape la seringue neuve que je viens de m'acheter à la Pharmacie Berky, et j'aspire toute la sauce. Je pause la seringue, enlève ma ceinture, garrotte mon bras, frotte avec un coton imbibé d'alcool, et pique la seringue dans une veine. J'aspire une goutte de sang pour vérifier si j'ai bien visé. Mon portable vibre. Je décroche : "Mon chéri je t'aime. Tu me manque déjà. Je te manque ? Dis, est-ce que je te manque ? Si je te manque tu dois m'appeler. Tu sais bien que c'est moi qui paye la communication, alors pourquoi tu n'appelles pas ? Je t'aime. Je t'entends tousser, tu fumes encore ? Mon chéri arrête cette cigarette. Je m'inquiète pour tes doigts. S'ils jaunissent, trempe-les dans du citron. Et cette guitare qui t'abîme les mains ! Mets de la crème toutes les heures. Je t'aime. Tu me manque beaucoup. Clic !"

    Les sorcières de la vie sont immortelles.

    Je m'injecte toute la seringue d'un coup. Je retire l'aiguille. L'onde frappe dans la nuque et descend doucement dans l'arrière de mes cuisses pendant que la fumée de cigarette sort de ma bouche et monte. Je frotte un peu avec le coton, et je me laisse aller en arrière dans le soleil.

© 1999, Abdallah Ko


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